20 ans d’écart

20 ans d'écart - Virginie Efira

Résumé : Alice (Virginie Efira) a 40 ans, est une MILF et va se faire traiter de cougar.
Alors autant pour MILF je peux comprendre, Alice a une gosse et Virginie Efira est présentement enceinte, autant pour cougar, ce n’est pas vraiment l’image que je m’en fait.

 

Comparaison de Virginie Efira avec une vraie cougar.

 

Je suis déçu par 20 ans d’écart. Mais en même temps presque surpris.
Déçu une fois de plus de ne pas rencontrer LA comédie qui va se détacher du lot et venir concurrencer celle qui reste au sommet de mon cœur, la Cité de la peur.
Presque surpris parce que je partais en sachant bien que je ne trouverais pas cette fraicheur Narta tant attendue, et j’étais même préparé à voir un énième télefilm sans inspiration.

 

20 ans d'écart - Photo de la rédaction du magazine fictif "Rebelle".

La rédaction du magazine « Rebelle ».
Au centre Virginie Efira, à sa gauche Gilles Cohen.

 

20 ans d’écart reste une « comédie française »™ avec son manque de surprise, sa réal plutôt gentille, ses scènes en extérieur post-synchronisées à la Julie Lescault (très peu en fait mais j’avais très envie de placer cette comparaison). Je pourrais presque parler du syndrome du téléfilm ici, mais alors niveau « fiction de prestige » (pour de vrai, pas comme Merlin avec Gérard Jugnot). Le film ne va jamais assez loin dans l’humour, alors que l’on ressent dans certaines scènes un frémissement, une idée qui devait bien amuser son auteur, mais malheureusement comme s’il avait peur de se faire gronder par son producteur, il gomme le trait et recadre très vite la situation.
C’est comme ça pendant tout le film : il oscille entre le plan-plan et l’étincelle humoristique assez vite éteinte du bout des doigts.
Ajoutez à ça de petits détails pas toujours soignés, j’ai été choqué par la balade en scooter au cœur de Paris, qui passe quatre ou cinq fois au même endroit devant le pont Alexandre III (je n’y peux rien, j’aime ce quartier) (et j’ai vu un film dernièrement où la même scène donnait lieu à un enchainement correct et réaliste des plans… ça m’avait surpris. Impossible de me souvenir lequel hélas). Et puis les enfants ne sont pas géniaux, la fille d’Alice comme le grand garçon de sa sœur (Camille Japy) manquent de direction.

Dommage parce que à côté de ça le film regorge d’acteurs formidables. À commencer par Pierre Niney, ingénu, maladroit, parfait. Incarnant son père, Charles Berling est fantastique, supportant la majorité des répliques qui m’ont fait rire. Juste derrière se tient Gilles Cohen, le boss d’Alice, adorable patron dont le monologue caricatural au début du film m’a gêné mais il redevient fort sympathique par la suite grâce a de courtes répliques bien plus justes. Impossible de passer à côté de la concurrente d’Alice pour la place de rédactrice en chef, l’inconnue Amélie Glenn (mannequin, actrice, ira loin. Filmo, Facebook), dite « la Québécoise » dans le film, à l’accent ravissant et aux jambes interminables, nues tout le long du film. J’avoue, ça a participé aux bons souvenirs du film.

 

20 ans d'écart - Photo d'Amélie Glenn et de la rédaction du magazine fictif "Rebelle".

Amélie Glenn, là, tout en haut !

 

À côté de ça il y a ces scènes drôles, dont j’aurais aimé voir la magie durer plus longtemps (une heure tente ?), comme ce repas en famille avec une Alice (-ia Silver-) stone, le déménagement de Charles Berling aux répliques formidables ou encore ce passage, proche de la fin du film, gigantesque mise en abîme de la carrière de Pierre Niney. Je peux aussi évoquer le générique de début, joli, ou le cadrage en Scope, et difficile de passer outre le rapport entretenu par le réalisateur avec les dents. Certains personnages ont des chicots surprenants, filmés en gros plans au point que par moments je me suis retrouvé quelque part entre les Misérables et les Visiteurs. Amusant.

De très bons éléments donc, sappés par cette impression que le film doit absolument finir sur une happy end. D’ailleurs il aurait été facile de conclure de façon originale, intelligente, surprenante. Juste avant de se retrouver définitivement (mais non je ne spoile rien, c’est cousu de fil blanc ! Mais si vous ne voulez vraiment pas lire la fin du film, sautez au paragraphe suivant), Alice et Balthazar se disputent (oh !) et partent chacun de leur côté. Alice rentre chez elle, triste. Balthazar se retrouve à quitter un shooting en minivan, entouré de quatre mannequins filiformes qui lui proposent de venir à une soirée branchée à l’occasion de laquelle ils pourront « baiser », les filles s’accordant sur ce point, laissant apercevoir une belle orgie à venir.
Là le film fait ce choix : Balthazar trop trop triste préfère rentrer chez lui comme un con et Alice trop trop triste surgit pour le reconquérir.
Là, moi j’aurais envoyé le générique. Balthazar après avoir connu l’Amour, allait s’envoyer en l’air et profiter de la vie : il n’y a pas de mal à ça, Virgine Efira était son premier amour, c’était fort et un souvenir impérissable. Alice, célibataire depuis des années, aurait elle de bien belles leçons à retenir de son aventure : elle peut encore plaire, elle peut encore être amoureuse, elle peut encore avoir du désir, et l’amour n’a pas d’âge. Tout ce qu’il faut pour rebondir, repartir du bon pied et être aware pour trouver l’amour une fois de plus et arrêter de déprimer ! ÇA ça aurait été surprenant, ÇA ça m’aurait fait qualifier 20 ans d’écart de vrai bon film ! Pourquoi gâcher des kilomètres de pellicule, des teraoctets de données pour ça ? Alors que dans à peine deux ans ils se seront lassés, vont se quitter en mauvais termes, Balthazar foirera son diplôme et deviendra équipier Burger King gare d’austerlitz (nouvellement rénovée d’ici là), Alice atteinte de schizophrènie sera mutée rédactrice en chef de TV Magazine (cet hebdo gratuit plein de pubs de voyance par audiotel qui accompagne les journaux régionaux du dimanche).

Je sais les Anglais font ça tout le temps et en plus, on adore ! Majs c’est différent, peut-être qu’ils forcent plus sur le romantisme et moins sur la comédie. Ou plus sur les deux en fait, on en revient toujours au problème des comédies françaises, qu’elles soient romantiques ou pas.
Du coup j’ai noté ce film 3/5 sur Allociné. Ça pourrait même être la moyenne entre les moments les plus drôles du film qui prendraient un 4 et les moments les plus cuculs qui se ramasseraient un 2.
Un film plaisant mais un film gâché.

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