Face à face : « les Profs » vs. « les Gamins »

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Je n’écris pas sur tous les films que je vois. Parce que ça prend du temps, et surtout parce que je ne trouve pas forcément l’inspiration, l’angle, ou simplement la matière. Je ne sais pas toujours dire pourquoi j’ai aimé un film. Il se trouve que j’ai vu à 24 heures d’intervalle les Profs puis les Gamins, et que si je me vois mal remplir une page à leur simple sujet, leur télescopage a été assez intéressant.

À ma gauche : les Profs, film dont je n’avais pas vu la bande-annonce, n’avais même pas percuté qu’il était réalisé par mon chouchou Pierre-François Martin-Laval (Essaye-moi !!!), mais dont tout le monde se moquait sur ma time-line Twitter. Il me semblait qu’il avait son petit succès auprès des jeunes (enfin des plus jeunes que moi), mais j’étais loin de m’imaginer qu’il était sur le point d’atteindre les deux millions d’entrées (en deux semaines).
À ma droite : les Gamins, film dont la promo est inévitable, encensé par la critique comme par ma TL, avec un Alain Chabat en forme, un Max Boublil bon (euh, LOL), et dont la bande-annonce ne me fait pas rire (OMG le gag éculé du « Et si tu fermais ta gueule ? », y compris dans RRRrrrr avec déjà Alain Chabat) et les dernières œuvres du fantastique Nul non-plus (le Marsupilami, Prête-moi ta main, et même Mission Cléopâtre, oui j’assume).

Pierre-François Martin-Laval derrière la caméra sur le tournage du film "les Profs".

Pierre-François Martin-Laval derrière la caméra sur le tournage du film « les Profs« .
photo : Arnaud Borrel

J’ai été voir les Profs un peu par hasard, à moitié par curiosité et à moitié parce que dans un Mk2 Bibliothèque aux horaires explosés (j’adore™), c’était la séance qui commençait dans 3 minutes. Et je n’ai pas été déçu. À peine le temps de faire le lien avec la bande-dessinée (que je n’ai pas lu) et de réaliser que Pef était aux commandes que j’ai commencé à trouver ça sympa. Oh, un Kev Adams au casting, ah c’est donc pour ce film qu’on parle de lui en ce moment. Oh, un Pef également devant la caméra, joie.
Les gags les plus cons s’enchainent sans temps mort, les acteurs sont globalement très bons, Arnaud Ducret en prof de sport irrésistible qui pourrait tenir le film à lui tout seul (à bout de bras, c’est le prof de sport) et bien sûr Isabelle Nanty, professeur d’Anglais totale. J’ai juste eu un problème avec Stéfi Celma, prof de Français dont le personnage n’est qu’un corps de rêve. De ce point de vu c’est une totale réussite (mama mia…) mais à côté jeu elle passe à côté, à trop jouer l’idiote. Bizarrement elle est assez peu présente ; ce qui n’est pas plus mal mais je ne peux m’empêcher de me demander si elle joue faux car son personnage est peu important où si son personnage est peu présent car elle joue faux. Kev Adams fait du Kev Adams, je l’aime bien, mais le film aurait pu se passer de lui.
La dernière réalisation de Pef mélange en fait trois univers, clairement identifiables : l’humour de la bande-dessinée (quasiment tout le film), l’humour de Kev Adams (les répliques de son personnage, pourtant tiré de la BD) et l’humour de Pef (qu’on ne s’étonnera pas de retrouver juché sur un cheval blanc, déguisé en chevalier). Les Profs aurait tout à fait pu se contenter d’être une adaptation de la BD. La marque de Pef est réjouissante et se mêle très bien à l’aventure, par contre j’ai eu un tout petit peu de mal avec Kev Adams : je le répète, je l’aime bien, mais son éternel personnage est ici hors-sujet, dès que Kev ouvre la bouche c’est pour balancer une de ses expressions typiques (une fois sur deux en anglais) et il me faisait quitter le film pour me plonger en plein Soda. C’est un petit peu dommage.

Mais ça n’enlève rien au rythme effréné du film qui ne ralenti jamais, les gags s’enchainent le rapprochant assez de mon idéal comique, ce style Monthy Pythonien absurde et sans gêne que l’on retrouve dans la Cité de la peur (mon mètre étalon) ou les films de Kad & Olivier (un Ticket pour l’espace), et bien sûr dans la troupe des Robins des bois. C’est sans doute exagéré de comparer les Profs aux Monthy Pythons, mais culcul et tellement bon enfant les Profs peut au moins être assimilé aux Sous-doués.

Alain Chabat sur le tournage du film "les Gamins".

Alain Chabat et le réalisateur-scénariste Anthony Marciano sur le tournage du film « les Gamins ».
Photo : Nicolas Guiraud

Le lendemain j’allais voir les Gamins, espérant découvrir la nouvelle grande comédie française que semblent avoir vus tous ceux qui ont déjà tenté l’aventure.
Manque de bol, si les blagues sont fréquentes et pas trop mauvaises, si Alain Chabat fait ce qu’on attend de lui, si même Max Boublil n’est pas à baffer… hélas bon dieu ce que c’est mou ! Le film est d’une platitude à mourir, les personnages comme la réa sont amorphes, et les dialogues d’une banalité déprimante. Même rire d’Alain Chabat devient malsain, tant il est ici un peu flippant à accumuler les mimiques typiques des souvenirs qu’on a de lui au XXème siècle, comme un acteur septuagénaire démodé qu’un réalisateur aurait su canaliser le temps d’un dernier film, hommage semi-caché à celui qu’il a été, avant un César d’honneur annonciateur d’un décès dans l’année.
Pourtant il m’est arrivé de rire. Pas souvent, mais fort. Mais pas souvent. Grosse mention tout de même pour Kheiron en émissaire Iranien, malgré sa dernière apparition qui est l’occasion d’une scène comique longuette et on ne peut plus prévisible qui m’a vraiment ennuyé. C’est même le moment le moins inspiré du film je crois.

Une réalisation de téléfilm, des dialogues de téléfilm, et deux (DEUX !) histoires d’amour croisées qui viennent plomber une idée de base qui promettait de la bonne grosse connerie. Malgré ses qualités, les Gamins possède donc également tous les défauts des films français, des comédies en particulier, ce qui m’a obligé à luter pour ne pas m’endormir. Monde de merde.

 

Photo-montage d’introduction : salle de cinéma originale par m4tik sur Flickr, licence CC BY-NC 2.0.

Un commentaire

  • Yep, j’ai en gros les mêmes critiques à faire, avec un questionnement plus perso, pourquoi toute la salle rigole dans Profs quand la prof de français est à moitié à oilp, mais personne ne rigole aux jeux de mots et raisonnement par l’absurde du prof de philo qui étaient juste délicieux? J’étais le seul à en rire et me suis demandé si j’avais pas l’air d’un con…(enfin du coup, pour moi, c’est les autres qu’étaient un peu trop cons pour comprendre ^^)

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