Jurassic Park 3D

Jurassic Park 3D, photo d'introduction.

Si je dois répondre à la question con « si vous deviez partir sur une île déserte, quel film prendriez-vous avec vous ? », je répond inlassablement Jurassic Park ou la trilogie Retour vers le futur. Mettez de côté le fait de savoir si une trilogie a sa place dans une telle situation pour vous concentrer sur l’œuvre de Spielberg. Le film qui depuis 1993 a ravivé (inventé ?) la passion des dinosaures chez des générations entières. Et tout simplement l’un de mes premiers souvenirs cinématographiques (avec Sauvez Willy, encore en 1993, et des flashbacks sur mon entrée dans la salle pour voir la Petite Sirène, deux ans plus tôt).

Alors quand j’ai appris que Jurassic Park ressortait en relief… euh, bah rien. En fait si, j’étais un peu révolté. Le relief dans les parcs d’attractions, j’adore™, mais dans le cinéma traditionnel, je n’aime pas trop ça. Avatar ne m’a impressionné que pendant deux petits plans (5 secondes de film à tout casser), la stéréoscopie de Tron 2 m’a laissé de marbre, malgré les commentaires élogieux de mes amis (en particulier William). Le seul film dont la 3D m’ai scié, c’est Raiponce, mais pour le coup, c’était absolument sublime. Une tuerie, des effets de profondeur hallucinants, sans jamais paraître forcés. J’ai eu l’occasion de revoir le film en 2D et pour la seule fois de ma vie, le relief m’a manqué, il manquait réellement au film. Et bien sûr, myope au quotidien, devoir porter une seconde paire de lunettes m’est assez désagréable. Alors payer un supplément pour une expérience intrinsèquement pas meilleure et techniquement inférieure (ah ce nez qui picote à cause des deux paires de lunettes !), j’évite au maximum (mais quand je suis motivé, je tarde trop et le film que je voulais voir en relief ne passe plus qu’en 3D VF ou VO 2D, #VDM). C’est dommage parce que je passe forcément à côté de projections qui me plairaient, mais c’est tellement hasardeux.

Donc quand Jurassic Park, un film qui me convient si bien dans sa version originale, ressort en relief, oui je préfère me protéger. C’est sacré ! Et puis je l’ai revu au cinéma l’an dernier, à l’occasion de la rétro Spielberg à la Cinémathèque. Mais quand ce matin @Pka13 me signale qu’Universal a des places pour une projection dédiée aux blogueurs, je saute sur l’occasion : du relief sans supplément et, logiquement, dans les meilleurs conditions techniques possibles (quoi de mieux que la salle privée d’un immense producteur hollywoodien ?), ça ne se refuse pas ! La curiosité n’est pas un défaut.

Doctor Grant, my dear Doctor Sattler…

Trois paragraphes et je n’ai toujours pas parlé du film, mais c’est la première fois que j’aborde le relief sur Visionarium.fr, la mise au point était nécessaire.
Jurassic Park 3D, donc ! Ce n’est pas mauvais. Le film n’est pas enlaidi, la conversion apporte bel et bien une profondeur de champs qui me semble réaliste, et quelques effets au premier plan, qu’il est difficile d’appeler « jaillissements » tant ce terme est péjoratif de nos jours, alors qu’ici les quelques effets de pluie ou de volées de bois, s’ils existent, sont suffisamment discrets.
Étrangement, je n’ai quasiment plus perçu de profondeur pendant l’attaque du T-Rex. Comme si, volontairement, la 3D s’effaçait pour laisser toute sa place à l’action dans cette scène culte.
Quand à la fameuse scène des Galliminus en panique, elle est plus belle que jamais. Tandis que l’incrustation de ces animaux parait depuis longtemps franchement ratée (la décevante édition Blu-Ray ne réglait absolument rien), cette impression disparait complètement dans Jurassic Park 3D. L’image est superbe, les dinosaures ne sont plus choquants… une totale redécouverte, qui à elle seule mérite d’aller voir cette version du film !

Tout n’est pas parfait. Le premier plan sur l’avocat sur un radeau, dès le début du film, est déstabilisant. la grandiose arrivée sur l’île en hélicoptère est mi-figue mi-raisin, tout d’abord amusante au dessus de l’eau, l’hélicoptère n’a jamais été aussi beau. Mais une fois au milieu des falaises, ce n’est pas l’île qui parait immense mais l’hélicoptère qui m’a semblé minuscule, comme un PicooZ couleur INGen, ça m’a un peu gâché ces plans. Cette courte liste de vrais moments de doute passée, la mise en trois dimensions des images est réussie. Le processus traine parfois quelques bugs graphiques, j’en ai vu un (scène du tricératops, à la limite entre les fougères et Laura Dern, en plein milieu de l’écran, un petit amas de pixels qui ne savait pas ce qu’il devait faire), mais rien de bien méchant, c’est mon côté geek et la plupart des gens ne remarquerons pas plus ça qu’un faux raccord.
Le relief n’est pas désagréable (contrairement aux lunettes, humpf…) et la restauration superbe, au point de me faire un petit peu regretter d’avoir boycotté la ressortie 3D de Titanic. Je vais reparler des Galliminus, mais wahou ! Avant même les plans truqués, dès la première image d’Alan Grant et les enfants marchant dans l’herbe, j’ai senti que quelque chose se passait. Jamais la scène n’avait été aussi… colorée. Sans tomber dans l’excès bien sûr, mais Jurassic Park est un film plein de couleurs, d’herbes vertes, de nuits bleues, de Ford Explorer bariolées, qui semblent ici juste parfaites. À ce sujet je ne pourrais que vous conseiller de trouver une salle équipée en matériel Dolby pour le relief, pour en profiter au maximum. Ce serait dommage d’assombrir (RealD) ou verdir (XpanD) une telle image. En principe le génialissime Gaumont Marignan est doté du système Dolby 3D.

J’en viens donc à la restauration. Un autre grand plaisir que j’ai pris sur cette ressortie, concerne les expressions des acteurs. Les gros plans sont magnifiques, les visages plus vivants, les regards profonds. Mais pour ça, comme pour les Galliminus, plutôt que le relief, il faut louer la restauration. La projection 4K était superbe. C’est à se demander pourquoi le Blu-Ray sorti il y a un an et demi a hérité d’une image aussi granuleuse et instable. Un master renversant existe et j’en arrivais presque à regretter d’être obligé d’avoir ces lunettes 3D sur le nez (comme pour Titanic. C’est mon syndrome du Titanic).

Du coup les fans, les curieux et les impatients peuvent se jeter sur cette ressortie dès le 1er mai, mais pour ma part c’est sa future sortie en Blu-Ray que j’attend (sorti en salles aux USA il y a moins d’un mois, le Blu-Ray est déjà disponible), pas pour le relief mais bel et bien pour simplement profiter de ce sublime remastering qui à lui seul aurait justifié une ressortie au cinéma.

 

Sortie le 1er mai.

 

 

[Mise à jour le 1er mai]
Sur Twitter, @marin_moore me signale que le film ne sort en salles qu’en 2K, bien que la restauration se soit faite en 4K. Mais avec un son 7.1 par contre.
Très mauvaise nouvelle ensuite via HD Numerique : le Blu-ray 3D sorti aux USA est incompatible avec les lecteurs 2D et la copie 2D fournie dans le coffret est la même que dans l’actuelle édition Blu-ray, si loin de ce qu’on pouvait attendre. Bon et bien il reste toujours la possibilité d’avoir un équipement 3D et de désactiver le relief… En attendant, une bonne salle de cinéma 3D est bel et bien la meilleure expérience possible. Rien que pour le cri du T-Rex dans les enceintes.

3 commentaires

  • J’ai vu le film dans une salle pathé (belfort). Grosse deception. la projection était excusé-moi « dégueulasse ». tous les arrières plans étaient dédoublés. cela donnait l’impression q’une vitre était placée devant l’écran et que l’image si refletait. certaines scènes meme en premier et gros plan avaient un dégradé peu défini avec des couleurs toutes pourries (magenta, rouge, bleue). Bref cela ma rappelé ma vieille VHS du film sur mon écran 4/3 cathodique. Pour finir la 3D n’apporte pas grand chose et tue souvent la dimension des choses (les grands décors et les grosses bebetes). La meilleure image de cette projection la scène de fin avec les pelicans. J’aurais su j’aurais pas venu et la 2D suffit à ce film au rythme prenant.
    Salutations.

    • C’est très dommage. Personne dans la salle n’a pris la peine d’aller prévenir le personnel ? (Le truc chiant au possible, quitter un film en court, on espère toujours que quelqu’un d’autre le fera ou qu’un employé le remarquera (tellement difficile depuis qu’il n’y a plus de projectionniste volant de cabine en cabine…).

      Sinon, je suis curieux, tu sais quel système 3D le Pathé Belfort utilise ? (actif, passif, la marque des lunettes, …)

      • Bonjour au Pathe Belfort, c’est du passif RealD, il y a du avoir un problème parce que bien le système bien réglé marche plutôt bien pour du passif.

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