Souris verticales et souris ergonomiques : test Anker et état des lieux

J’ai toujours été captivé par les systèmes de pointage alternatifs. En particulier les trackballs que je trouvais extrêmement agréables à utiliser. Au point de me demander pourquoi la souris régne en maître dans ce domaine ? Clairement, elle était arrivée au bon moment, son succès a fait d’elle un objet de la vie quotidienne et les usines en ont produit des milliards, à la chaîne, en faisant le pointeur par excellence, celui que tout le monde sait manier et qui ne coûte plus rien à produire. Mais est-elle pour autant le plus efficace ? Le plus agréable ? Le plus légitime ?

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Bien qu’ayant eu l’occasion de découvrir les trackballs durant mon adolescence, je me suis retrouvé à faire comme tout le monde, en utilisant une souris. Je m’étais choisis une Logitech bleue métallisée fort jolie, et des plus confortables. Elle m’a accompagné une dizaine d’années, jusqu’à ce que le clic gauche devienne mou.

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Dans la catégorie des dispositifs de pointage peu orthodoxes, elle avait connu une déclinaison d’un bleu plus clair, dotée d’un moteur de vibration : outre une compatibilité avec les jeux à retour de force, un driver permettait de la faire vibrer quand on passait sur les icônes du bureau. Fin de la parenthèse.

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Depuis je suis passé sur ordinateur portable (Mackbook Pro) et je n’utilisais quasiment plus que le touchpad intégré. Longtemps. Abusivement. Jusqu’au ras-le-bol.

J’ai mal. J’ai beau être matinal, j’ai mal.

J’ai mal. J’ai beau être matinal, j’ai mal.

Malgré tout, si j’avais aperçu des souris verticales ces dernières années, je les regardais d’un œil un peu plus dédaigneux que les autres outils de pointage. Leur forme rappelant certains trackballs, j’avais l’impression de voir un objet bâtard. Plus récemment j’en ai entendu parler sur internet, et ça m’a vraiment donné envie d’essayer, d’autant qu’après toutes ces années je commence à ressentir de désagréables douleurs aux mains à force de manipuler toute la journée le trackpad de mon ordi et le petit écran de mon smartphone. L’idée : là où une souris normale vous impose de tordre le poignet pour poser la main à plat sur la bête, la souris verticale, avec ses boutons relevés, laisse votre main dans le prolongement naturel de votre avant-bras, sans torsion aucune : comme quand vous gardez le bras le long du corps.

Schéma visible un peu partout sur le net, auteur inconnu.

Schéma visible un peu partout sur le net, auteur inconnu, mais convainquant.

L’occasion de tester une souris verticale Anker est arrivée dans la foulée, alors je n’ai pas hésité.

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la souris verticale

Et c’est génial ! Pas soucis de prise en main, dès la première seconde j’ai adoré la façon dont ma paume se pose dessus, les doigts tombent bien sur les deux boutons principaux, la molette est accessible, R.A.S. sur les fonctions de base : je m’y suis instantanément habitué.

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mon modèle Anker, points forts…

Ça ce doit être valable pour à peu près toutes les souris verticales. Parlons plus en détails de mon modèle « bas de gamme » en particulier.

Pas con, l’emplacement sous la souris pour ranger le récepteur USB : si on voyage avec, ça devient vite indispensable. Classique chez les grandes marques, je n’aurais pas été surpris qu’il soit absent dans cette gamme.

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À gauche de l’emplacement des piles, la fente pour ranger le dongle USB.

Pour témoin d’alimentation, pas d’énorme LED bleue comme il est maintenant de coutume, mais un voyant rouge limite trop discret : il n’éclaire pas l’extérieur de la souris comme sur la photo officielle, mais l’intérieur, côté pouces. J’ai cru en insérant les piles que mon exemplaire ne fonctionnait pas. En plein jour il faudra protéger cette zone avec la paume de sa main pour voir si elle fonctionne. Bon, ça ne concerne que la première installation. Cette LED clignote aussi quand on change de résolution, mais c’est complètement accessoire.

Le réglage de la résolution, sur 3 niveaux : je ne joue pas sur mon Mac, j’en ai donc peu l’utilité, mais pour jongler entre la traversée du bureau un jour de grand ménage et le déplacement au pixel prêt d’une image dans InDesign, ne pas avoir à dérégler les préférences de l’OS, j’adore.

Le design est plus où moins générique, j’y reviendrai, mais réussi. De face elle a énormément de gueule. Ah, mais je la vois tout le temps de dos ^^

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Mince, j’aurais pu faire attention à cette affreuse poussière !

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Et puis elle est sans fil. J’ai toujours préféré les souris filaires, jugeant les piles ou la batterie trop contraignantes et pas écologiques. Mais là, je n’ai pas eu le choix, et je suis surpris par le confort que ça m’apporte. Je m’imagine très mal utiliser une souris verticale filaire, j’ai le sentiment que ça m’handicaperait

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Le récepteur USB, qui dépasse peu.

…et points faibles

Pour une vingtaine d’euros, cette souris verticale n’est pas exempte de défauts, il fallait s’y attendre :

La souris est très légère et les deux boutons supplémentaire, pour naviguer sur internet (suivant/précédent) difficiles à cliquer avec le pouce sans que l’index ne presse le bouton gauche en même temps. Quand j’appuie avec le pousse, la souris part vers la droite, donc je la retiens avec l’index, qui enfonce le bouton gauche. Logique. Pas cool. On prend le coup de doigt, mais ce n’est plus très naturel : un comble pour une souris ergonomique.

Je suis sur Mac, ces deux boutons ne fonctionnent pas nativement sur Safari, et sur Firefox ils activent le défilement de la page par la souris, pas la navigation arrière/avant. (Par contre un clic avec la molette sur un lien hypertexte l’ouvre dans un nouvel onglet, comme prévu).
J’ai trouvé une solution à travers USB Overdrive, un driver pour Mac OS assez facile à configurer. Mais celui-ci est payant, la version gratuite vous le rappellera à chaque démarrage de l’OS.

Pas de bluetooth. Ça aurait libéré un port USB, mais j’imagine que ça participe à son faible prix…

Elle est vendue sans piles. Ça fait un peu mesquin. Même si ça incite à utiliser immédiatement des accus rechargeables.

Elle n’existe pas pour gaucher. Et ça, c’est certainement son plus gros défaut : pourtant je suis un gaucher qui a toujours utilisé les souris de la main droite, et je suis incapable de déplacer une souris classique de la main gauche 1. MAIS avec une souris verticale en main, j’ai la sensation que je serais encore plus à l’aise de la main gauche, que je manierais un peu cette souris comme un joystick !

Verdict ?

Il est clair que je n’achèterai plus de souris classique. Mais souris verticale ou trackball ? J’hésite. Bon, le choix est facile pour moi : maintenant que j’ai une souris verticale, je veux un tracbkall. En réalité pour tout un chacun le premier critère de choix sera le prix.

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Les souris verticales bas de gamme commencent autour de 13 euros. Sur Amazon deux importateurs ressortent et proposent des produits aux formes totalement similaires : Anker et CLS. A priori la principale différence vient de la LED : Anker met du rouge et CSL du bleu ^^ Pour 13 euros vous aurez donc le choix entre eux modèles filaires : une Anker et une CSL.

Du côté des sans fils, la CSL est à 16 euros, quand mon modèle Anker est à 23 quand j’écris cet article.

Ensuite on trouve d’autres modèles un peu plus cher, dont le design me semble encore plus efficace, encore plus vertical. Étrangement, là aussi on retrouve sur Amazon deux marques proposant des produits similaires : eSynic et ZeleSouris. Comptez 20 euros en filaire, avec des boutons Suivant / Précédent qui me semblent bien plus faciles à utiliser.

La version sans fil est à peine plus cher, à 26 euros chez Zele et 27 chez eSynic.

Je ne sais pas ce que valent ces modèles, mais en photo ils me paraissent encore meilleurs. Ensuite il existe des modèles vraiment haut de gamme, mais hélas les prix s’envolent : de 100 jusqu’à 125 euros ou plus pour un modèle Evoluent, spécialiste des souris verticales !
Les modèles pour gaucher je n’en parle même pas : chers et rares.

Alors entre les souris verticales à 20 euros et celles à 100 euros, le juste milieu se trouverait-il du côté des trackballs ? À 45 euros, ce modèle Logitech est tentant…

Sinon, la solution ultime se trouve certainement du côté des tablettes graphiques, comme me le rappelle Pierre Dandumont. Et là, pour une bonne marque (facile : Wacom ou rien) les prix montent très très vite, mais un petit modèle autour de 50 euros comme celui-ci ou celui-là peut suffire, et permettre de découvrir le maniement des tablettes. Et puis l’occasion, c’est bien aussi.

Ça m’est sorti de la tête, pourtant j’en utilisais une il y a une douzaine d’années. D’abord pour les logiciels de dessins, j’avais vite moi aussi trouvé génial l’utilisation au quotidien en tant que souris. Puis les drivers n’ont plus été mis à jour et dans le même temps je suis passé au portable, délaissant de fait ma tablette. Mais j’y reviendrai probablement un jour.

Au final je n’ai pas de réponse toute faite. Simplement : oubliez les souris traditionnelles, ça c’est certain, et tentez l’aventure.

  1. anecdote : à l’inverse, je connais des droitiers qui étaient incapables d’utiliser correctement un ordinateur, le jour où ils ont essayé avec la souris dans leur main gauche, ça a été une révélation !

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