Pigalle, la nuit

Jalil Lespert dans Pigalle la nuit. 
Crédits : Tibo & Anouchka / LINCOLN TV / CANAL +

Un jeune homme d’affaires français, Thomas, exilé à Londres revient quelques jours à Paris pour affaires. Emmené dans le quartier de Pigalle par ses collègues en col blanc, il croit reconnaitre sur la scène d’une boite de striptease sa sœur, avec qui il est en froid depuis plusieurs années.
Dans le même temps, le patron du club et d’une grande partie du business du sexe dans le quartier, Nadir Zainoun, a fort à faire avec l’arrivée d’un nouveau concurrent, une immense boîte de nuit résolument moderne et détenue par un mystérieux inconnu. 

Diffusée en 2009 sur Canal Plus, Pigalle, la nuit est une de ces « créations originales » de la chaine cryptée, sa nouvelle arme pour attirer des abonnés face à la perte de droits sportifs et de l’intérêt de plus en plus limité des exclusivités cinématographiques. Après Engrenages (2005), Mafiosa (2006), Reporters (2007), Hard (2008), arrivée la même année que Braquo et avant Maison close (2010) ou Kaboul Kitchen (2012), Pigalle, la nuit est rediffusée en ce début d’année, en clair, sur D17. C’est seulement la deuxième « création originale » de Canal a avoir les honneurs d’une diffusion gratuite, après Braquo l’an dernier sur D8, profitant du rachat des chaînes du groupe Bolloré.

Jalil Lespert, Sara Martins, Simon Abkarian, Armelle Deutsch. Crédits : Canal Plus

Jalil Lespert, Sara Martins, Simon Abkarian, Armelle Deutsch.
Crédits : Canal Plus

Je n’ai pas porté d’intérêt à la série policière sus-nommée, mais, curiosité malsaine me direz-vous, Pigalle, la nuit m’intéressait beaucoup plus. Et me voilà dimanche dernier à regarder les deux premiers épisodes (la série en comporte huit, que Canal diffusaient déjà par deux). Et c’est prenant. La série n’est pas aussi sulfureuse qu’on pourrait le croire au premier abord, après tout le business présenté reste (pour le moment) légal mais plus que le fond c’est la forme qui séduit. Le décor est peu commun (Pigalle, sorti des cartes postales et du Moulin rouge), la photo très agréable flatte la rétine, et les acteurs, à une ou deux exceptions prêt, sont totalement convaincants. Rien que ça. C’est tellement rare sur une série française. C’est avec une réalisation solide digne du cinéma que Canal Plus nous propose de suivre les mésaventures de Nadir Zainoun (Simon Abkarian, impeccable) face à un entrepreneur fantôme, à la disparition d’une de ses danseuses stars et enquiquiné par ce Thomas (Jalil Lespert) à la recherche de sa sœur ; et c’est un régal. Nul doute que Nadir, entrepreneur à succès a priori blanc comme neige, se révélera bien vite plus sombre qu’il ne le laisse paraître, et que Thomas est en train de fourrer son nez dans un beau bordel, si je puis dire.

Catherine Mouchet, Simon Abkarian. Crédits : Canal Plus

Catherine Mouchet, Simon Abkarian.
Crédits : Canal Plus

 

L’histoire n’est pas encore bien claire, en deux épisodes elle se met en place et nous présente encore les personnages, c’est pourquoi j’ai du mal a écrire dessus. Il y a donc Nadir qui contrôle le quartier, Thomas qui cherche sa sœur, Fleur qui bosse comme danseuse-manager et fait de l’échangisme en dehors du boulot, et puis Dimitri le nouveau concurrent tout sage, trop sage. Mais comment cela va-t-il se développer, c’est encore trop tôt pour le dire.

Armelle Deutsch. Crédits : Canal Plus

Armelle Deutsch.
Crédits : Canal Plus

N’espérez pas voir un striptease intégral d’Armelle Deutsch, Canal reste soft et la miss, qui disparait très vite pour créer l’intrigue principale de la série, est particulièrement chouchoutée par la caméra qui sait se tourner du mauvais côté au bon moment. Les rôles sont clairement définis entre les acteurs embauchés pour jouer habillés et ceux (enfin celles, en fait celle, au singulier) qui montrera son corps, Sara Martins, heureusement aussi douée que les autres et pas castée pour son seul physique (mais tout de même, quel physique). À noter aussi les apparitions plus où moins furtives de Pom Klementieff et Camille de Pazzis.

Pigalle, la nuit a été tournée en extérieur au cœur du boulevard de Clichy, au milieu des passants et des « monuments » du quartier, notamment le Sexodrome, fameux supermarché du sexe sur trois étages et les Folie’s Pigalle, énigmatique discothèque dont je n’arrive même pas a savoir si elle est encore ouverte mais qui m’avait semblée à l’abandon lors d’une promenade dans le quartier (en milieu de journée ^^) l’été dernier. Dans la série le Sexodrome y est repris tel quel, tandis que la discothèque Folie’s devient un pur club de striptease. Quelques plans sont tournés à l’entrée du Sexodrome tandis que l’intérieur du Folie’s est en réalité représenté au cabaret la Nouvelle Ève à quelques centaines de mètres de là.

La façade des Folie’s Pigalle en août 2013.  Il manque la moitié des néons, aucune information, plaque, affiche, visible, ça semble fermé.

La façade des Folie’s Pigalle en août 2013.
Il manque la moitié des néons, aucune information, plaque ou affiche visible, ça semble fermé.

Quoi qu’il en soit ce mélange de décors réels, d’acteurs qui y croient et d’univers quand-même assez glauque fonctionne et le secret de Pigalle, la nuit est là : de vrais moyens mis au service d’un sujet qu’aucune autre chaine n’aurait osé traiter. La fameuse patte « création originale » de Canal Plus, c’est donc ça.
Surprenant alors, qu’une saison 2, d’abord annoncée par la Canal, ait finalement été annulée pour divergences d’opinons entre les scénaristes et la chaîne.

Pigalle, la nuit, tous les dimanches à 20h50 sur D17, depuis le 12 janvier et, en toute logique, jusqu’au 2 février 2014.

 

Génial Simon Abkarian, tout simplement. Crédits : Canal Plus

Génial Simon Abkarian, tout simplement. Je suis fan.
Crédits : Canal Plus

De nombreuses et belles photos promotionnelles par ici.

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