Danse avec les Robots 2 : avec Martin Solveig

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Cet article a été originellement publié sur Central Park en février 2013 ; vous pouvez toujours l’y retrouver et réagir.

Il est reproduit ici pour archivage.

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Bon bon bon, le parc réouvre ses portes cette semaine, il est temps de faire le point.

Premier post : Danse avec les Robots avec Martin Solveig.

Comme le parc aime le faire depuis Arthur 4D, l’attraction a été inaugurée pour les vacances de Noël, le 22 décembre dernier.

Le pitch vous le connaissez déjà : un robot (un Robothespian) nous accueille dans l’entrée, la file d’attente doit proposer un jeu interactif et une fois dans le vif du sujet on découvre une nouvelle décoration à base de vidéo-projections et bien sûr de nouvelles chansons et chorégraphies.

Qu’en est-il vraiment ? Je vend la mèche tout de suite : [size=150]putain c’est de la bonne ![/size]
J’ai Adoré, Adoré, Adoré !™

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Vous aurez sûrement reconnu ce que l’on appelle un robot industriel. Il est toujours en état de marche, et il vous attend. Nous vous invitons, si vous l’osez, à l’emprunter car dans le clip de ce soir, VOUS êtes la vedette.[/center]

À peine entrés dans la salle, de préférence sur la mezzanine en tant que spectateur, le réaménagement saute aux yeux. Des cubes de couleur sont suspendus sous le plafond, et les miroirs au fond de la pièce les démultiplient, ça rend très bien on a presque du mal à repérer le mur, on est plongé dans une version dark du générique du Grand Journal.
Le truc tout con : avant, il y avait des miroirs sur les petits côtés de la salle : je présume qu’ils devaient créer une impression de grandeur, de couloir sans fin reflétant des robots sans fin. Raté, les miroirs en espèce de plastoque réfléchissaient peu [size=50](ils n’ont pas de cerveau… désolé)[/size], déformaient le peu de lueurs qu’on pouvait y apercevoir. 6 ans plus tard, on en ajoute : de nouveaux miroirs du même type sont placés sur le grand mur en face de nous, et se trouvent à quelques mètres seulement des premiers cubes lumineux. Du coup ces sources de lumière directes s’y reflètent carrément mieux que les lointains robots gris de l’époque Kamel Ouali !

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Depuis la mezzanine.[/center]

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Cubes! Cubes everywhere![/center]

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Les personnes âgées sur la mezzanine, les ados au niveau 3, les enfants au niveau 1, et on a même pensé aux bébés : il y a des cubes.[/center]

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Je vous ai parlé des géniaux reflets des cubes ?[/center]

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Vous êtes sûr ?[/center]
C’est tout de suite superbe. À ça s’ajoute la musique : entre deux tours c’est « Hello » de Martin Solveig qui tourne en boucle, la piste doit durer dans les 5 minutes comme la chanson originale, ça semble correspondre, et est suffisamment variée pour ne pas lasser. À condition d’aimer bien sûr, mais Hello passe vraiment superbement bien, ça donne une pèche d’enfer, une ambiance électrisante à cette salle précédemment endormie par les remontrances de Kamel Ouali.
Parmi les cubes, deux blocs sont des écrans géants, ils diffusent des images synchros avec les chansons et entre deux tours affichent notamment le mot Hello et la bouille de Martin Solveig. Les animations sont vraiment sympathiques.

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C’est qui le patron ? [size=50](La CDA, mince)[/size][/center]

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Alerte bobo.[/center]

 

Puisqu’on parle d’animations, venons-en au mapping 3D. En un mot : GÉNIE ! C’est superbe. Rien qu’en mode d’attente, on alterne entre des formes géométriques rouges et bleues qui suivent la forme de la plate-forme (j’adore™) ; et une platine de mixage qui vient se faire tripoter les potars par les (véritables) mains de Martin Solveig pendant que le haut de son corps s’illustre sur les deux groupes de cubes-écrans.
C’est brillant.
De près, au moment de pénétrer sur la plateforme, ça pixellise, mais ça semble fait exprès : il n’y a pas que la grille de pixels de projecteurs, il y a comme un effet bitmap, comme si les images avaient été converties en GIF 256 couleurs pour créer une mosaïque. J’aime bien.
Vous noterez sur les photos officielles du parc que les projections sont différentes, et ces premiers essais m’avaient l’airs bien moches comparé à ce qui a été retenu pour l’attraction.

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« Hello ! Hello ! Oh, oh, oh, oh. » Nan mais regardez-moi ce mapping.[/center]

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Regardez je vous dis ![/center]
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En version table de mixage.[/center]

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La main de Dieu.[/center]

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La table vue depuis la zone d’attente avant l’embarquement.[/center]

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Gros plan sur l’effet gif/acier.[/center]

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Le centre d’une extrémité de la plateforme et son pupitre.[/center]
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Génie dans le génie : le mapping permet d’éclairer en blanc, précisément et sans ajout de projecteur la marche entre la plateforme et la passerelle coulissante menant aux robots.
Mais petit fail en ce premier jour, les cubes-écrans font de l’ombre pile au dessus de la marche sur certains robots. Vont-ils pouvoir régler ça ? je l’espère, parce que c’est vraiment le détail qui tue.
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Quand les chansons démarrent, c’est tout aussi superbe. Les animations ont été conçues par le graphiste de Solveig, Birdyben. C’est une vraie réussite.

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Flower power pour Beyoncé.[/center]

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Avec quelques rayures bienvenues.[/center]
Les chansons, un titre sorti des albums de Solveig (Everybody), un qu’il a produit pour Madona (Give Me All Your Luvin’), plus Barbaba Streisand de Duck Sauce (on dirait du Solveig), Crazy in Love de Beyoncé (la faute de goût, j’y reviendrais) et pour conclure, l’évidente Robot Rock des Daft Punk.

Évidente Robot Rock. Et d’ailleurs la plus réussie. On atteint les sommets avec elle.
Bien sûr du point de vue chorégraphie, même si je n’ai pas pu tester toutes les autres chansons en 90 secondes (ça aussi j’y reviendrais). Mais aussi du point de vue de la scénographie. Sublime depuis la mezzanine, tout aussi surprenante si on la découvre comme moi depuis les robots eux-mêmes, c’est l’élément déclencheur de mon coup de foudre pour cette nouvelle version, au delà du mapping, au delà de Hello, [size=50]au delà de ma photo avec Jean-Pierre Foucault,[/size] au delà de l’ingénieux placement des miroirs, … au delà du réel, à l’instant où commence le programme de Robot Rock nous sommes transportés dans l’univers de Tron Legacy. Tout s’éteint, la plateforme se couvre de cercles blancs en expansion et, cerise sur la rétine, les projecteurs envoient de la lumière noire révélant uniquement les arrêtes des robots, secrêtement peintes avec une couleur réactive aux UV !
Il fait noir, l’extraordinaire musique de Daft Punk retenti et les robots exposent leurs courbes comme jamais !

C’est une petite tuerie, une attraction dans l’attraction.
J’hésite même à vous montrer ma photo, pas parce qu’elle est moche, mais pour que vous gardiez l’effet de surprise. Je ne vous la montrerais pas. [size=50]Elle est moche.[/size]

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Pourquoi vouloir aller voir Test Track 2 aux USA quand on a encore mieux, encore plus
assumé, en France, au Futuroscope ?!
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Voilà c’est tout ce que vous aurez de Robot Rock, ça mérite d’être vécu.[/center]

 

Danse avec les Robots est transformé. Visuellement c’est une grosse claque, c’est tout simplement beau. Les nouvelles chansons font immédiatement réaliser la nullité des anciennes (sauf le Petit bal, ça va de soit, et en version longue, ça va aussi de soit). Les nouvelles chorégraphies en niveau 3, à une exception près, sont très biens (je n’ai pas testé les niveaux plus softs, vous me pardonnerez).

La mezzanine devient véritablement intéressante, autrefois seuls les curieux et les parents pas assez téméraires devaient avoir envie d’y aller. Maintenant le spectacle mérite vraiment le coup d’œil et on aura plaisir à y découvrir les 5 habillages vraiment différents (merci le mapping) et écouter les musiques. Même écouter Hello en boucle tient.
En plus des projecteurs y ont été installés, ainsi que des machines à fumée qui envoient BEAUCOUP de fumée, envahissant littéralement le balcon avant de tomber entre les barreaux pour s’écouler au rez-de-chaussée devant les robots. Ça crée d’ailleurs un effet très joli vu depuis les robots, une cascade de fumée tombant du sol de la mezzanine.

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Smoke! Smoke everywhere![/center]

 

À côté de ça il y a quand-même quelques gros défauts. Une chanson et l’éternel problème des 60 secondes.

La chanson : Crazy in Love de Beyoncé. Le mapping est joli, avec des fleurs multicolores très 70′ qui tournent, mais la chanson parait très lente à côté des autres, et la chorégraphie est vraiment chiante. Lente elle aussi, on s’ennuie vraiment. VRAIMENT. Surtout, sans doute, en 60 secondes, je ne l’ai pas testée en 90 secondes.

Sur ce, j’ai aussi envie de regretter que la sonorisation ne soit pas meilleure. C’est leur faute, le matin pour la cérémonie d’inauguration ils avaient installé d’énormes enceintes au pied de la passerelle, du coup depuis la mezzanine ça envoyais du bois comme c’est pas permis, c’était génial même si depuis les robots du fond on entendait pas trop.
L’après-midi retour au système sonore habituel : plus homogène mais du coup je trouve maintenant que ce n’est pas assez fort, et que ça manque clairement de basses.
Pour une attraction qui surf maintenant sur le thème de la discothèque, il aurait fallu en profiter pour revoir ce point également. C’est fini le Petit bal, maintenant on veut tripper sur Robot Rock !!!

 

Et on en arrive à l’énorme point noir : j’ai refais Robot Rock en 60 secondes l’après-midi, et c’était nettement moins bien. Toujours superbe, et bien sûr l’effet de surprise avait disparu également ce qui n’aide pas, mais il n’y a pas que ça.
60 secondes, ce n’est pas assez. Déjà car, si c’est comme dans l’ancienne version (de mémoire), les 30 premières secondes sont communes à tous les niveaux. Donc quand le tour dure 60 secondes, ça supprime la moitié des sensations.
En plus la fin des chansons est brutalement coupée, les robots reviennent salement en place, bref il n’y a simplement plus de fin. C’est toujours n’importe quoi ce mode 60 secondes.

Je ne comprend pas qu’ils ne soient pas passés à quelque chose de plus évolué.
Que le mode 60 secondes ne soit plus la lecture du programme de 90 secondes qu’on interrompt avant la fin. Mais 5 nouveaux programmes (15 avec les niveaux de difficultés) à part entière, pensés autrement.
Au lieu de supprimer les 30 dernières secondes, il y aurait une intro commune bien plus courte, 10 secondes maxi, puis un best-of des figures du programme long, et enfin la bande son aurait une véritable fin elle aussi.

C’est terrible parce que même le jour de l’inauguration, ils ont passé tout l’après-midi en 60 secondes quand le temps d’attente indiquait une trentaine de minutes. Bien sûr en 90 secondes il aurait frôlé l’heure. Mais si le tour est non-seulement plus court mais aussi bien moins réussi, bien moins mémorable, le jeu en vaut-il la chandelle ?
Vous préférez attendre 10 minutes à la Tour de la Terreur pour entrer directement par la sortie, ou faire 45 minutes, avoir la musique de la file, le pre-show, et des grooms inquiétants dans la chaufferie ? La comparaison n’est pas géniale parce que la file de DALR est lente et moins sexy, mais vous voyez ou je veux en venir. La file fait parti de l’expérience dans la ToT, comme les 90 secondes sont importantes dans DALR.

 

Je finirais en parlant de la file et de Robothespian.

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Hello world![/center]
Nous n’avons pas pu voir le jeu interactif de la file, celle-ci est conçu par Dassault Systèmes qui l’offre au parc dans le cadre d’un partenariat plus global. Ce n’est donc pas une priorité absolue, plus un hobby, pour Dassault, qui je vous le rappelle est spécialisé dans [s]les armes[/s] la 3D (ils ont développé un système équivalent à Total Immersion, des animations Arthur et les Minimoys en Motion Capture pour un pre-show du film au Grand Rex, et leur fameuse simulation 3D Relief de la pyramide de Kheops qui était projeté à la Géode en temps réel pour des conférences publiques).
L’installation devrait être prête avant cet été (quelque chose comme Avril si ça n’est pas repoussé), en attendant le parc projette des clips à la mode. Soyez rassurés, Psy et Carly Rae Jepsen font parti de la boucle 😉

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Vous reconnaissez la file. Sans jeu ni clips à ce moment là. Ni visiteurs d’ailleurs, vous n’êtes pas prêts de la revoir comme ça.
Aucune idée de si le mur blanc avant la dernière ligne droite doit recevoir des projections et faire parti du jeu. Je dirais que oui, à l’instinct.
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Mise à jour juillet 2013 : le jeu interactif est maintenant installé, les visiteurs sont répartis en deux équipes qui doivent taper dans les mains au bon moment, façon Guitar Hero.

Quand à Robothespian, c’est un concept anglais de robot piloté à distance, offrant de nombreux modes de fonctionnement.
Il se pilote à l’aide d’un écran tactile à l’interface simple, qui sera caché derrière le mur à l’entrée de l’attraction. Un opérateur peut prendre un micro pour parler avec les visiteurs, comme le fait par exemple la poubelle parlante de Disneyland Paris.
Dans un autre mode, l’opérateur se contentera d’envoyer des phrases pré-enregistrées depuis l’écran, ce qui peut être utile pour communiquer avec des visiteurs étrangers.

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« Reviens Léon, j’ai les mêmes à la maison ! »
Le potentiel de mème de cette photo me semble assez vertigineux. N’hésitez pas à lui rajouter un texte si l’inspiration vous vient.
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Il peut aussi demander à Robothespian de prendre différentes poses préprogrammées, de modifier la couleurs des différentes parties de son corps, changer son regard, y compris pour des symboles humoristiques, et même lui faire imiter Charles Bronson, regard qui tue inclu ! Selon mes constatations, l’opérateur doit même pouvoir pointer une zone du doigt sur le retour vidéo pour que Robothespian fixe son regard dans cette direction.

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Interface de contrôle principale. De gauche à droite : ouverture des paupières, yeux comiques, couleurs du visage ; caméra embarquée avec un point sur l’écran me faisant dire qu’on peut orienter son regard, rotation de la tête ; expressions du visage, des mains, postures du corps entier. Au dessous, les bibliothèques de phrases toutes faites par catégories.
Notez l’onglet « Kinect » en haut à droite.
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Onglet « Bibliothèque » qui pourrait aussi s’appeller « imitations ».
Si l’opérateur choisi « the gbu »…
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…Robothespian passe de ça…[/center]

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…à ça. Hey, attendez, Charles Bronson ne joue pas dans « The Good, the Bad and the Ugly » ! Mais c’est QUI, alors ?[/center]

L’animation de Robothespian sera confiée aux employés de l’attraction, donc ce poste supplémentaire ne sera occupé que lors des grosses journées. Vu la politique de restrictions budgétaires du parc depuis l’arrivée de la CDA, je suis prêt à parier que Robothespian ne sera pas souvent utilisé en mode (semi) manuel. Aller, disons que dès l’année prochaine, il ne sera plus utilisé !

Le reste du temps, on peut bien sûr le programmer pour répéter en boucle une séquence (spiel de bienvenue et consignes de sécurité par exemple), ça n’a pas grand intérêt à côté du reste, mais on risque de le voir souvent activé.
Un dernier mode existe : Robothespian cache un Kinect sur son torse grace auquel il peut imiter les gens qui se posent devant lui 🙂 Pas essayé, dommage.
C’est fini, j’ai déjà très envie d’y retourner, Robot Rock est mon nouveau Bal perdu et, hélas, avec lui revient le même problème d’immense frustration apporté par le mode 60 secondes qui est bien trop utilisé et castre littéralement l’attraction, l’ampute de tout le plaisir qu’elle peut procurer. A voir sur le long terme comment ils décident de gérer ça. Je pense qu’ils devraient vraiment y faire attention, il serait peut-être amusant de sonder les visiteurs après des tours à 60 et 90 secondes. Pour moi la différence est monumentale. Ce n’est pas qu’une question de durée, ça fou en l’air toute la chorégraphie et la scénographie.

Je vous laisse avec quelques photos légendées pour conclure en beauté. J’en profite pour signaler aux plus étourdis que toutes les photos sont cliquables pour les voir dans leur résolution originale.
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Photo © Futuroscope issue du dossier de presse : comme vous le voyez, point de vue mapping on a échappé au pire.[/center]

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J’aime juste cette photo officielle.[/center]

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Nouveau revêtement autour des robots, mystérieux, qui apparait rouge sur les photos, sans l’être à l’œil nu. Drôle de truc.[/center]

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La photo technique : un projecteur suspendu pour le mapping de la passerelle.[/center]

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J’adore™.[/center]

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Martin Solveig et Monsieur le Président Dominique Hummel.[/center]

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Un Community Manager au travail.[/center]

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[size=85]Lapins Chrétiens ?[/size][/center]

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Cet article a été originellement publié sur Central Park en février 2013 ; vous pouvez toujours l’y retrouver et réagir.
Il est reproduit ici pour archivage.

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