Découverte : Ciné-Lac, au Bourget-du-Lac

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Drôle de cinéma que voilà. On connaît les cinémas itinérants. Traditionnellement ils parcourent les villages en transportant avec eux leur propre projecteur, leur propre écran et s’installent dans une salle des fêtes. Mais ces associations de passionnés peuvent également entretenir de véritables salles de cinéma. C’est la démarche de l’association Cinébus. Quand elle débarque au Bourget-du-Lac (1), une fois par semaine, c’est une salle entièrement équipée qui l’attend : une salle aux fauteuils rouges gradinés, une scène de théâtre avec un écran déroulant électrique, et une véritable cabine de projection dans la pièce adjacente avec ses quatre petites fenêtres du temps des projections argentiques à deux projecteurs !

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Dans une petite ruelle juste derrière la mairie moderne, se tient un bâtiment gris plutôt anodin, exception faite de son double escalier. Depuis la rue adjacente, seule l’affiche du film de la semaine dans un panneau d’information indique la présence du cinéma. En s’enfonçant dans la ruelle, de nuit, la façade sombre révèle une enseigne « Ciné-Lac, cinéma, théâtre ». En dessous, de larges portes vitrées en aluminium donnant sur une salle très lumineuse dont les néons éclairent des murs blancs, attirent l’attention mais révèlent un tatami sur lequel s’entraînent des judokas. Il faut être accompagné d’un habitué pour oser grimper les escaliers, savoir qui faut choisir la rampe de gauche et oser pousser l’épaisse mais commune porte en bois.

L'escalier de droite ? Il mène à la régie, accessible uniquement par l'extérieur ! La salle de sport est éteinte car j’ai pris la photo après la séance.

L’escalier de droite ? Il mène à la régie, accessible uniquement par l’extérieur !
La salle de sport est éteinte car j’ai pris la photo après la séance.

Un hall étroit, une véritable caisse derrière une vitre, des tarifs particulièrement bas (5 €, 4 pour les abonnés), et sur la droite, déjà, la porte de la salle. On arrive au pied de la scène, le logo de l’association brille sur l’écran, le plafond ancien, en béton creux est recouvert de plaques pour optimiser l’acoustique, les escaliers latéraux nous appellent pour rejoindre les fauteuils rouges type strapontin.

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La première fois, les moins au fait pourrons croire que la séance est assurée par le petit projecteur bureautique suspendu au centre de la salle, mais derrière, en régie, c’est un Barco (2K) qui assure fièrement le spectacle.

Un ticket de cinéma comme on en fait plus. (En fait, si, la preuve.)

Un ticket de cinéma comme on en fait plus. (En fait, si, la preuve.)

Avant que le film ne soit lancé, moment de grâce quand une personne de l’association vient saluer les spectateurs et présenter le programme des semaines à venir, parlant de films dont elle ne connait pas forcément tous les tenants. Armée de sa lampe de poche pour décrypter des notes dans la pénombre, l’ambiance est très chaleureuse et l’échange avec les habitués ne se fait pas sans quelques rires.

– C’est Prix du jury de Cannes.
– Ça veux rien dire !
– Parfois, en effet.

Introduction à la soirée et présentation des prochaines séances par Cinébus.

Introduction à la soirée et présentation des prochaines séances par Cinébus.

Puis la séance commence, le film tant attendu étant toujours précèdé d’un court-métrage. Le Barco 2K s’anime et vu la taille de l’écran celui-ci est parfaitement à l’aise, qui plus est parfaitement centré. Le seul défaut sur l’image viendra de la toile enroulable, qui gondole un peu sur toute la largeur, créant des rayures verticales un peu plus sombres, mais qui s’oublient facilement. Et font un peu parti de l’ambiance.

Plus aucun projecteur 35 mm n’est visible.

Plus aucun projecteur 35 mm n’est visible.

Malgré tout cet équipement, pas d’enceintes sur les murs de la salle : tout se joue derrière l’écran, on doit avoir un son 3.1, avec voie centrale, stéréo et caisson de basses. C’est malgré tout amplement suffisant pour la majorité des films diffusés dans cette salle (ce soir là « Fou d’amour » avec Melville Poupeau, la semaine d’après « Phantom Boy« ) mais même un blockbuster devrait pouvoir d’apprécier avec bonheur dans une salle aussi particulière (j’émettrais quand-même des réserves sur Star Wars 7 en relief avec des lunettes actives, à cause de l’écran qui gondole ;)).

En parlant de l’ambiance : pas de toilettes dans le bâtiment. Celles-ci sont accessibles de l’extérieur. Pour y aller durant la séance, empruntez la sortie de secours au milieu de la salle, (qui donne directement dehors, sous un puissant éclairage public blanc) en la refermant délicatement, pas complètement, pour qu’elle ne claque pas : il faudra que vous puissiez revenir 🙂

Une ambiance du tonnerre qui, lors de la séance, n’aura été gâchée que par le squattage de l’escalier extérieur par une bande de jeunes pendant de longues minutes, attirés par le sus-cité puissant éclairage. Juste derrière la porte, on entendait qu’eux et ils ont eu du mal à comprendre qu’on voulait les faire partir. Ouais parce qu’on a demandé gentiment. On est trop gentils.

À la fin du film un technicien monte sur scène, derrière l’écran, on l’entend faire rouler les enceintes sur les côtés de la scène et l’écran électrique remonte alors, jusqu’à mardi prochain.

La scène de théâtre dévoile son rideau noir.

La scène de théâtre se dévoile.

L’association Cinébus gère trois circuits en parallèle, deux véritablement itinérants comme on l’imagine et un dans des salles en dur comme celle du Bourget-du-Lac. Elle organise des ateliers pour les enfants (fabrication de flipbooks notamment) et des séances en plein air (sur écran gonflable) en été.
Son site web propose les programmes en PDF et évoque même le cinéma Grolandais : des gens biens !

(1) À mes lecteurs parisiens : le Bourget-du-Lac est une commune située au bord du lac du Bourget, en Savoie, en région Rhône-Alpes. Ni l’un, ni l’autre n’a de lien avec l’aéroport du Bourget et aucun métro, aucun RER ne vous y mènera depuis Châtelet-les-Halles.

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